A l’occasion du mois de la francophonie, nos élèves ont pu mettre en valeur la langue française à travers des ateliers d’écriture avec une auteur, Sandra Lucbert, qui séjourne durant un mois en résidence dans notre lycée. La restitution de ce projet aura lieu le jeudi 17 mars à 18h30 en présence des élèves et de leurs parents et des professeurs.
Quel regard porte-t-on sur « l’autre » ? Les classes de 10e racontent la découverte d’Istanbul par un jeune français, sur le principe de la fiction épistolaire de Montesquieu : Les Lettres persanes. Ce roman du XVIIIè siècle invente le regard étranger comme moyen de porter un regard critique sur la société française, vue par deux persans imaginaires. Nos ateliers adaptent ce principe sur le réseau social facebook, en l’inversant. Les élèves inventent un(e) jeune français(e) qui voit Istanbul pour la première fois, et exprime sa découverte via des statuts Facebook, commentés par ses trois meilleurs amis français.
Ces ateliers visent donc à un échange de points de vue : celui de l’auteur française qui découvre la culture turque et expose les préjugés d’un français, et celui des élèves turcs qui donnent leur vision de la culture française et expliquent les spécificités de leurs mœurs turques.
Ces ateliers cherchent aussi à faire percevoir aux élèves les enjeux du travail stylistique, qui retrouve un impact immédiat sur les réseaux sociaux. Car c’est en travaillant la langue qu’on peut faire comprendre et partager sa vision du monde. Ecrire sur les réseaux sociaux impose des restrictions de place et un niveau d’efficacité qui, à la manière des règles de l’Académie française du Grand Siècle ou des contraintes métriques en poésie, obligent à trouver la précision qui permettra d’avoir un effet sur le lecteur.
Sandra Lucbert est en résidence d’écriture à Sainte-Pulchérie, où elle termine un roman épistolaire, qui repose justement sur des correspondances numériques. Elle a cherché à explorer les régimes de discours que nécessitent les différents supports (mails, réseaux sociaux, Messenger etc), mais aussi les enjeux relationnels et politiques que cette technologie développe. La troisième partie de son roman se déroule sur le web d’Istanbul.
