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Les prémices de la République : Çanakkale

Il y a 106 ans, des centaines de milliers jeunes se sont battus contre l'impérialisme, à la bataille de Çanakkale, lutte exemplaire pour le monde entier, menée sous le commandement de Mustafa Kemal, qui leur disait : "Je ne vous commande pas l'offense, je vous commande de mourir. D'autres forces et d'autres généraux peuvent nous remplacer durant le temps qui nous sépare de notre mort."

Notre objectif n’est pas de crier à la victoire en pensant aux guerres du passé. Si l’objectif est de défendre la patrie et les libertés, s’il s’agit d’une question de vie ou de mort, nous ne pouvons pas appeler ce combat une guerre. Voilà pourquoi, c’est notre devoir de comprendre et d’expliquer cela.

L’esprit de Çanakkale, se révèle là où 600 balles par m2 tombent sur les soldats, là où la défense de la patrie se fait corps à corps. Selon l’expression de Mustafa Kemal, l’esprit de Çanakkale permet de vaincre les plus grandes puissances mondiales, alors que le jeune soldat sans balle qui n’a plus que sa baïonnette attend dans les tranchées en sachant qu’il va mourir pour la patrie dans quelques minutes. C’est l’esprit de ses généraux héroïques. La victoire de Çanakkale, est le nom d’une grande bataille menée par toute une nation, de la solidarité entre femmes, hommes, jeunes et moins jeunes.

Si l’on me demande de vous raconter Çanakkale en trois mots, je vous dirais : « Ils sont venus, ils ont vu et ils sont partis. »

Pourquoi sont-ils venus, qu’ont-ils vu et comment sont-ils partis?

Les Etats impérialistes qui voulaient sortir vainqueurs de la Première Guerre mondiale, visaient la conquête d’Istanbul, en passant par le détroit de Dardanelles avec leur marine de guerre. L’armée turque s’est engagée dans la guerre sur le front et en mer pendant des mois au détroit de Dardanelles. A la suite de ces affrontements, les armées ennemies ont subi des pertes graves et se sont retirées le 18 mars 1945 avec leurs forces navales.

Ayant compris qu’elles ne pouvaient pas traverser le détroit de Dardanelles par voie marine, les puissances impérialistes ont commencé à débarquer sur les terres turques le 25 avril 1915. Les combats entre les forces terrestres ont continué jusqu’au 25 avril 1916, date de la retraite des dernières troupes ennemies. Celles-ci avaient sous-estimé la force militaire des turcs, considérant l’événement comme un simple affrontement restreint. Elles croyaient que les turcs allaient cesser de résister, à la vue de la marine militaire dotée d’armes lourdes et de cuirassés très modernes s’approchant de Çanakkale.

Sans aucun doute, c’était une illusion. Les forces ennemies ont sous-estimé la défense turque et la force de son armée, car elles ont négligé la force morale qui la guidait. Il s’agissait d’une erreur stratégique grave, qui a provoqué une défaite cuisante tant sur le front maritime que sur le front terrestre. Ainsi, les puissances ennemies sont parties vaincues, en laissant la victoire aux canons, mines et baïonnettes turcs. C’est pourquoi la phrase suivante est gravée sur les falaises qui environnent les eaux de Dardanelles, rendant hommage à la lutte inoubliable du soldat turc :

 

“ÇANAKKALE EST INTRAVERSABLE”

Arrête-toi, voyageur! Cette terre que tu foules, sans que tu le saches est l’endroit où une ère s’est achevée. Penche-toi et écoute la masse silencieuse qui gît sous terre, c’est ici que bat le coeur de la patrie. »

 

Dans le monde entier, les batailles de Çanakkale sont considérées comme la plus grande guerre du siècle. La lettre adressée aux mères d’Anzak par le grand leader Atatürk, nous montre l’importance qu’il accordait à la paix mondiale et à la fraternité entre les nations, suivant son motto « Paix dans la patrie, paix dans le monde » :

“Héros, qui avez versé votre sang sur les terres de ce pays ! Vous êtes ici dans la terre d’une patrie amie. Reposez-vous en paix et en sérénité. Vous êtes aux côtés de nos soldats. Mères, qui avez envoyé vos fils sur le front depuis les pays lointains ! Séchez vos larmes. Vos enfants sont en notre sein. Ils sont en paix et dormiront en paix. Ils sont devenus nos propres enfants après avoir perdu la vie sur nos terres. »

Vétéran Mustafa Kemal Atatürk – 1934

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