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Commémoration de la victoire de Çanakkale

Le 18 mars 2013, nous avons commémoré la mémoire d’Atatürk et des soldats qui ont sacrifié leur vie pour la Turquie et nous avons célébré la 98ème année de la Victoire de Çanakkale.

M. Alexandre Abellan, le directeur de notre lycée, a fait un discours marquant, en soulignant le sens et l’importance du 18 mars. Il a partagé avec nous la lettre de son arrière grand-père et nous avons tous vécu des moments riches en émotion à travers cette lecture :

« Ma chère Camille, mon très cher frère,

J’ai reçu votre lettre qui m’a fait grand plaisir. Je m’empresse de répondre pour vous rassurer. Je me porte mieux. Je vous dirais comment, je me suis retrouvé, ici, à Salonique. Je suis arrivé le 04 juin. Vers 11 heures, les pièces d’Artillerie Anglaises et Françaises se sont mises à cracher de toute part. (…)
Le bombardement a continué jusqu’à 6 heures. C’est l’heure de l’attaque : on nous donné l’ordre de marcher en avant. Nous étions comme fous. (…)

Ce fut une mêlée terrible. Nous partions à l’assaut d’une tranchée, les obus pleuvaient, les mitrailleuses Turques nous criblaient.

(…) Je suis donc là, à environ 30 m des Turcs, je les vois tirer, mais je me garde de bouger car je sais que les blessés, ils ont tôt fait de les achever. Voilà que près de moi, un camarade blessé se soulève ; me voyant sans mouvement, il me dit : « Gaston, es-tu mort ? » Les Turcs l’ont aperçu, j’entends 4 ou 5 coups secs (clac-clac-clac), mon camarade n’est plus.

Je suis resté là jusqu’à la nuit. Ces heures là, passées au milieu des cadavres, des blessés râlants, appelant leur mère, gémissant dans des langues que je ne connaissais pas…oh ! Je ne les oublierai jamais. Moi aussi je pensais à vous.

A 8 heures, enfin, la nuit est venue. Alors, doucement, en rampant, m’accrochant aux herbes, me traînant comme je pouvais, je me suis extirpé de mon trou.
(…) Là, il y avait une baïonnette qui sortait de terre, à côté, il y avait une main, plus loin c’était un pied et une tête des cadavres déformés, hachés, si bien qu’aussitôt, la fusée éteinte, je ne pouvais pas faire autrement que d’avancer dessus… Malgré ma souffrance, je réussis à arriver jusqu’à la tranchée Française. Là, j’ai été pansé, puis évacué sur Salonique.

(…)
Papa accepte que je me marie vous me dîtes. Je vous demande pour le moment de ne pas en parler à Rose. Je ne veux pas parler de cela pour le moment. Espérons qu’un jour, si le bon dieu le veut, nous serons ensemble après avoir supporté autant de misère. Votre frère qui vous embrasse. »

Paul Gaston

Monsieur Abellan a poursuit ainsi : « Vous vous demandez sans doute, si ils ont pu se marier. Et à ce moment précis vous oublié qu’il n’était pas turc….. Vous vous dites « est il mort ? »… Oui, il est mort.. Depuis bien longtemps… Il est mort…

Je ne suis pas à 30 m de vous, et je ne suis pas blessé. Je suis parmi vous, parmi mes frères turcs qui était hier les ennemis de mon arrière grand-père. Aujourd’hui, si nous célébrons une victoire, ce n’est pas celle d’un peuple sur un autre, ce n’est pas seulement celle de Çanakkale, mais c’est la victoire de l’universelle fraternité. »

La cérémonie a été ensuite suvie par le discours de notre Directrice Turque Adjointe Mme Minâ Akçen qui s’est exprimée ainsi :

« Nous sommes en 1915, au mois de juillet… Les étudiants de dernière année de droit de l’université d’Istanbul sont appelés sous les armes. Tous les 10 jours on vient retirer des étudiants de leur salle de cours pour les envoyer s’entraîner. Leur période d’examen est avancée et au mois de juillet, le jour de leur remise de diplôme, environ 400 jeunes avocats se rendent à Gallipoli à pieds. Un voyage difficile ; il faut marcher pendant toute la journée sans arrêt et passer la nuit à même le sol…
Je m’adresse à vous en tant que petite-fille d’un soldat qui est retourné à Istanbul, blessé de guerre. Toutes les victimes de Gallipoli et de la guerre d’indépendance sont elles-même l’expression de la vérité de cette « histoire « .

Notre professeur d’histoire Mme Mine Üçkardeşler a parlé de l’importance de la place de la Guerre de Çanakkale en Turquie et dans le monde entier et elle nous a cité les étapes de cette guerre :

« Aujourd’hui c’est le18 Mars ; 98ème anniversaire de la Victoire de Çanakkale … Cette victoire fut une lutte prestigieuse de la détermination du peuple turc sous la direction de Mustafa Kemal Atatürk et l’histoire du monde a connu un tournant par cette victoire.

Atatürk a dû combattre les soldats étrangers en raison des circonstances de guerre. Il s’était exprimé ainsi : « Les héros qui ont versé leur sang dans ce pays ! Vous êtes dans un pays ami. Dormez en paix. Vous êtes côte à côte avec nos soldats. Les mères qui ont envoyé leur fils en guerre ! Ne pleurez plus. Ils sont dans notre cœur. Ceux-ci, après avoir perdu leur vie sur cette terre, sont devenus nos fils. »

Un groupe d’élèves de HazA a récité le fameux poème de Mehmet Akif Ersoy, intitulé « Çanakkale Şehitleri ».

Beliz Başer de 11A, nous a présenté en projection, des photos sur la guerre de Çanakkale.

La cérémonie a pris fin par les messages de HazC et de HazD, écrits pour les martyrs de Çanakkale, s’adressant au peuple turc : « Nous sommes là, nous vivons et nous n’allons jamais oublier tout ce qui est vécu, nous allons fondre un pont de jeunesse entre hier et aujourd’hui. »

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